Baie St-Paul Canada, 2014 
Tous les ans, à pareille date, Pierre commande des pigeons paons blancs au colombophile. Encagés, il les emporte avec lui en voiture, et roule de Montréal à Baie-St-Paul. À destination, tous les ans, à son lâcher, il en fait les estafettes d’un message de souvenance attendrie.

Pierre a le sentiment que cette année, 2014, pourrait être la dernière de son rituel, la première de son détachement. L’âge l’a rattrapé et il constate que ceux qu’il a aimés ou aime, se retrouvent maintenant soit sur le parvis, soit déjà dans la grande nébuleuse. Les pigeons seront porteurs d’un au revoir d’enfant.

Arlette

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Bethleem Palestine, 2013 
Un travail titanesque. Recherches sur la politique israélo-palestinienne depuis 1948 et se souvenir de ce bombardement sur la bande de Gaza fin 2012, en plein pourparlers de paix; recherches sur l’Islam et en comprendre les cinq piliers; recherches sur les cinq prières quotidiennes et apprendre qu’elles ne se sont jamais récitées à la même heure, etc., etc. Savoir de petits détails non pas sur les ablutions, mais plutôt qu’on entre dans la salle de prières du pied droit. Soumettre mon texte à Mme Mona El Chourbagui et la regarder lire, la nervosité cachée derrière un poker face. Soupirer de soulagement devant son imprimatur. Merci encore, Mona.

Inventer mes personnages et leur choisir un nom. Leïla, Fatima, Fatma. Me rajeunir pour donner à Khaled souvenirs de mes seize ans, monitrice dans une colonie de vacances et revivre le sérieux de mes journées. Être certaine qu’on peut être aussi responsable à seize ans qu’à trente devant les écueils de la vie.

Mais surtout, aimer profondément Khaled dans son tourment et son contact, tout en questionnement, avec son Imam. Ressentir la difficulté de sa vie devant Fatma qui a mis fin à son adolescence et l’a monté au niveau de la maturité nécessaire à la générosité et au grand amour protection qu’il porte à sa petite sœur.

Arlette

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Contrecoeur Canada, 2009 
Jeune, mes parents m'ont inscrite dans une colonie de vacances tenue par des religieuses allemandes, je crois. J'ai appris quelques mots d'allemand et d'anglais. Il y avait là des petites filles venues de tous les pays, et j'entendais toutes les langues. Merveilleux. Nous n'avons pu nous baigner parce que les menaces de poliomyélite sévissaient. Pas grave, je voyais défiler les troncs d'arbres en route pour un moulin à scie et ça, c'était rempli d'histoires à inventer au parfum d'épinette. J'ai pilé sur un nid de guêpes en jouant à « follow the leader », mais ce sont les autres qui ont été piquées! Les religieuses nous ont appris qu'il n'y avait rien de mieux que d'appliquer de la boue sur les piqûres. Magique. Je le fais encore aujourd'hui.

J'ai chanté le petit Mousse et Ani Kuni et dansé la Mazurka. Nous habitions dans une école et je dormais dans une classe. Magique. Les années ont passé et j'ai travaillé en colonie en vacances. Autres moments magiques où je tutoyais l'âge adulte. Plus tard encore, nous avons inscrit les enfants dans une colonie de vacances. C'était le rêve estival et je pouvais voir l'émerveillement, le leur et le mien.

Quoi de plus normal, pour moi, que de replonger dans cet univers, peut-être pas toujours aussi magique, malheureusement.

Arlette

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St-Antoine-sur-Richelieu Canada, 1999 
J’ai habité un chemin de terre dans l’arrière-pays de St-Antoine. J’avais pour voisins des cultivateurs et leurs troupeaux de vaches. De St-Antoine, d’ailleurs, m’est venu le personnage de Caleb sous les traits de monsieur Lozeau, cultivateur et facteur dont j’ai toujours gardé souvenir de sa gentillesse. Autre empreinte des Filles de Caleb, une famille chez laquelle j’ai mangé où les filles, debout, servaient les hommes, assis. Autres temps, autres mœurs.

St-Antoine est maintenant un plus que charmant village où on trouve le merveilleux Château St-Antoine là où, de mon temps, il y avait une résidence pour personnes âgées. Quel lieu romantique tout près du Richelieu et les propriétaires ont construit à partir d’une architecture exceptionnelle, le véritable château pour les amours et les rêves des nouveaux mariés.

Mon filleul, chef cuisinier, m’a dit n’avoir rien mangé d’aussi goûteux que le pigeon d’élevage, bien entendu. De ceci, non seulement en ai-je mis dans les assiettes de Saarbrücken, mais j'ai décidé d’en faire l’élevage et plus, à St-Antoine.

Pour ce faire, j’ai situé mon décor aux environs ou tout près de l’ancien restaurant de la famille Aubry, sur le bord de la rivière. J’y ai convoqué Pierre Parent, Bruno Brunet, Simon Simoneau et Henri Hébert à côtoyer mon imagination. Ne me demandez pas pourquoi les PP, BB, SS et HH, je n’en sais rien. Ces personnages m’ont séduite parce que chacun est à un important carrefour de sa vie.

Je ne vous mentirai pas, j’ai aimé le parler cru de Pierre, la détresse d’âme de Bruno, les maladresses de Simon et le casses-tête de Henri. Je vous les confie en sachant qu’ils vous feront sourire.

**Remerciements à madame Johanne Dufour.

Arlette

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Canberra Australie, 1985 
Le problème de l’avenir est qu’on ne le connaît pas. D’abord, mon avenir est apparu cette année. Il y a dix ans, j’ai eu l’exotique bonheur de visiter l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la Nouvelle-Calédonie. J’ai tellement aimé ces pays que je me suis toujours promis d’y revenir ce que je n’ai pu faire qu’en imaginaire, et ce, cette année toujours, dans une nouvelle appelée Canberra Australie, 1985.

D’entrée de jeu, je précise que je n’ai pas pris l’avion pendant une quinzaine d’années, une phobie sournoise et imprévisible m’ayant paralysée alors que je montais dans un Lockheed L1011. J’y suis entrée puis j'en suis ressortie au pas de frousse, en larmes devant la fenêtre, face aux pilotes qui gesticulaient leur encouragement. Peine perdue.

Dans l’avion qui m’a conduite en Océanie, quelque vingt ans plus tard, j’étais heureuse et confortable, délivrée de cette phobie à quatre-vingt-dix pour cent — quand même pas fana de la turbulence. Une jeune amie à moi m’a dit avoir une peur panique des pigeons! En fait, c’est de cette révélation qu’est née Canberra. En pensant écrire cette nouvelle, j’ai calqué la phobie de Charlotte sur la mienne, en ai rajouté, la peur du coucher de soleil, de la nuit, de la lune, des tunnels, des ponts des ascenseurs pour finalement tout cristalliser sur le pauvre pigeon.

Un petit détail pour vous faire sourire. À Canberra, il y a le plus intéressant Musée de la guerre, avec témoignage de combattants, avions, uniformes des Anglais, Japonais, etc. En sortant, par contre, on voit que la pelouse du Musée est couverte de crottes de kangourous, et ce, en pleine ville!

Bonne lecture!

** Remerciements à mesdames Johanne Dufour et Hélène Jacob. Un bonjour à Aurélie Donais qui a horreur des pigeons.

Arlette

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